De l'abondance au vide, intellectuel, physique ou environnemental, histoire d'une petite fille ballotée entre le Japon, Pekin, New York et le Bangladesh, animée par une faim des autres et du monde au point de se perdre elle-même.
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Après avoir dévoré avec délectation l'intégrale d'Amélie Nothomb dans les mois qui ont suivi la découverte de "Stupeur et
Tremblements", une petite pause s'est personnellement avérée nécessaire.
L'impression d'une redondance dans les sujets traités : enfance, amour, beauté, regard de la beauté au travers de yeux
d'enfant, amour sabotée par la beauté , introspection d'une enfant en mal d'amour... ; thèmes qui finissaient par lasser en dépit d'une plume qui n'en était pas moins toujours aussi
exquise. |
"Biographie de la faim" débute par un passage prolongé sur l'île du Vanuatu, ce lieu d'abondance où l'on n'a jamais souffert du manque
de nourriture et resté dans l'indifférence générale.
Même habituée par les délires de l'auteur, on se demande bien dans quelle direction on va être entraîné...et je n'y ai personnellement
réfléchi que deux heures plus tard, après avoir lu quasiment en une traite ce roman qui s'intéresse à la "sur-faim" d'une enfant avide de savoir pour remplir un vide intérieur qui se manifestera
par plusieurs années d'anorexie, sujet abordé en filigrane avec beaucoup de pudeur.
Pourquoi lire ce livre ? Parce que le sujet est intéressant, novateur, différent ? Rien de tout cela même si les thèmes cités plus hauts vous laissent d'un froid glacial. C'est la forme unique, incisive et grinçante qui caractérise ce roman.